“On se filme-tu ?”

Me demande mon chum…

“Non, j’veux me laisser vivre ma vraie réaction”

Ce sont mes mots, juste avant que l’on apprenne que notre amour s'était multiplié.

12 janvier 2026 quelque part après le souper

Je venais de revenir de 8 jours en Martinique, l’avion, le travail, le stress de vivre une première fois un voyage sans mon amoureux pour « le travail », un début de rhume, les oreilles un peu bouchées… Ça devait bien être "normal" que les règles soient en retard, mais au fond, je le savais, je le sentais, je savais que je n’étais plus totalement seule à habiter mon corps.

Quelque part à l’automne 2023


“Gab, il nous reste plus grand temps tous les deux.”

T’aurais dû voir la face de mon chum pas certain de comprendre ce que sa blonde fraîchement réveillée, la mauvaise haleine encore après elle, les petits yeux bien collés, lui racontait.

“J’ai vu notre bébé dans mon rêve, il nous a dit qu’il voulait s’en venir, qu’il était prêt, qu’on avait plus tant de temps que ça ensemble à être que tous les deux.”

Mon chum me regarde les yeux équarquillés, il devait se demander quel genre de drogue j’avais pris avant d’aller dormir, puis il me répond : “Tu peux pas lui dire d’attendre?”


“Euh, j’vais essayer, mais je sais pas si c’est réellement comme ça que ça marche.”

C’était resté ainsi.

J’avais demandé à “bébé sans nom” d’attendre le plus qu’il pouvait. Que c’était certain qu’on allait lui faire une place parmi nous, mais d’attendre que le timing soit plus favorable que le 3 et demi du sous-sol chez mon beau-père.


Janvier 2024

J’avais toujours douté de mon désir d’être mère. En fait, j’ai toujours su que je fonderais une famille, toutefois je n’ai jamais rêvé d’être enceinte. Disons que la porte de l’adoption me parlait pas mal plus. J’ai toujours expérimenté des cycles hormonaux en vague et je me disais “mais quessé ça va ben t’être si je tombe enceinte”...

Un beau matin de janvier 2024, en pleine chaleur du Nicaragua, ce ne sont pas les rayons de soleil qui m’ont frappé, mais plutôt un désir hautement puissant d’enfanter. Un désir de porter la vie… en moi. Un désir de multiplier l’amour que je porte pour mon chum. Un désir de multiplier l’amour qu’il me porte. Un désir de créer une famille.

Une porte s’ouvre en moi, une possibilité nouvelle, sans réellement savoir quand, ni comment (ben le comment on le sait tous un peu lahhhh, maiiiiiiiis)....

Je pense qu’une des clés qui a ouvert la porte de ce désir, c’est la prise de conscience que je pouvais vivre ma maternité autrement. Je voyais de plus en plus de femmes autour de moi, sur les réseaux sociaux ou encore en voyage, faire les choses en alignement avec elles.

La possibilité d’accoucher avec une sage-femme plutôt qu’avec un médecin, la possibilité de choisir d’être davantage présente à la maison, plutôt que d’aller travailler traditionnellement et d’envoyer notre enfant à la garderie, la possibilité de voyager et d'enseigner en mode “école à la maison”.

Une porte de cohérence avec mes valeurs profondes s'ouvrait, ouvrant le désir d’être mère. Pas une urgence de le devenir, mais plutôt une certitude que ça arriverait dans les années à venir.

“Ça fait combien de temps que vous essayez?”

Est une question qui est revenue lorsqu’on a annoncé à nos entourages qu’on serait 3 en septembre.

Ma réponse : “On a pas réellement essayé.”

La réponse de mon chum :
C’était la première fois qu’on faisait l’amour et ç'a marché, je savais même pas que je pouvais faire ça.”

En vrai, ça a été un choix plus grand que nous. Nous n’avons jamais eu la conversation à savoir “let’s go on s’essaie”. Ça s’est juste fait naturellement.

Je ne prends pas de contraception depuis des années, par contre j’étais une adepte du calendrier de mon cycle et de “faire attention”.

Puis naturellement, à l’automne, on a cessé de “faire attention”.

Sans le nommer.
Sans le mentaliser.
Sans chercher à prévoir.
Sans contrôler.

Juste parce que possiblement bébé était hautement impatient de s’incarner dans le vivant.

Retour au 12 janvier 2026

Le bâton bleu et blanc face contre la sécheuse. Lui les yeux vitreux, les miens qui lui renvoient le même reflet. Je le savais. Je le sentais, que c’était là. Je n’avais pas envie de filmer. J’avais envie de vivre ça, seule, avec lui. Pas pour réécouter, pas pour documenter, pas pour partager. Pour le vivre pleinement dans chaque cellule de tout mon corps.

On tourne le bâton, deux barres.

Deux barres bleues qui changent le cours des prochaines années de nos vies.
Deux barres qui annoncent qu’on sera 3.
Deux barres qui témoignent de notre vie de maintenant et de la vie d’après la venue de bébé ici.
Deux barres qui m’ont fait vivre une foule d’émotions.

Mon amoureux était en joie, en excitation, en fierté. Je le sentais léger de cette nouvelle.

Personnellement, j’avais le cerveau en mode programmation informatique, je voyais les données défiler, les changements à venir, les aliments “que je ne pourrais plus manger”, les habitudes à modifier, l’impact dans mon entreprise, les changements dans notre mode de vie de nomade depuis deux ans et demi. Ça spinnait plus vite qu’un hamster dans sa roue à 1 h du matin.

Un choc. Je devais me laisser quelques jours pour absorber ce choc, le vivre, l’assimiler, sans me juger, surtout, de ne pas être en train de sauter de joie.

Bien que je savais que c'était “ce que je souhaitais”, disons que le timeline temps était beaucoup plus rapide que ce que je ne l’avais pensé.

Nous nous sommes laissés quelques jours, pour laisser descendre la nouvelle. Plus je faisais mes petites recherches, plus la joie montait. J’ai écrit beaucoup. On a été faire une giga épicerie de « bons aliments ». Puis, le temps était venu de l’annoncer à nos cercles rapprochés.

Ma mère et moi avons eu une relation par le passé qui était parfois houleuse. Dans la contraction. Et, je me souviens que lorsque j’avais 18 ans, elle m’avait dit : “En tout cas ne compte pas sur moi pour garder tes enfants.”

Je ne me souviens plus du contexte exact, mais je sais que ç'avait laissé en moi la crainte qu’elle ne souhaite pas être mamie. On s’entend, c’était 10 ans en arrière, elle avait 48 ans, clairement qu’elle n’était possiblement pas “rendu là”... Et qu’elle n'espérait peut-être pas tellement que je me reproduise avec mon ex, mais ça, c’est un autre sujet.

On s’est invités à bruncher mon chum et moi, chez mes parents, je leur ai tendu un sac avec un pot de caramel salé à l’intérieur et le bâton bleu et blanc, avec bien du papier de soie. Mon père a pris le caramel, déjà, son bonheur était à son comble, puis poc, un bruit sur la table. Le test tombe, ma mère le voit, elle tasse les papiers de soie dans une excitation hors nom, saute de joie, me prend par les deux épaules et me regarde dans les yeux et me dit : 

Tu le sais que je vais t’aider là dedans”.

Là, à cet instant précis, mes doutes et mes craintes des derniers jours venaient de s’envoler. Mes épaules se sont relâchées, la joie m’a envahie.

Mon père heureux disant « me niaisez-vous », mon chum souriant, ma mère aussi, mon corps et bébé aussi.

Annoncer cette belle nouvelle aux gens a créer d’autres portes ouvertes: des discussions, des possibilités que j’accueille un peu plus chaque jour et ce toujours en cohérence avec ce que Gab et moi souhaitons réellement.

C’est un exercice de conscience que de recevoir mille et un conseils, certains teintés de peur, d’autres d’expériences personnelles bienveillantes. C’est un mélange que l’on reçoit depuis les dernières semaines, en trouvant au milieu de tout ça l’espace pour entendre ce qui est vrai pour nous.

Nous serons 3 en septembre et d’ici là, je compte bien ici vous faire part de mes pensées et réflexions face à cette aventure d’être une future maman.

Une certitude qui me rassure et qui m’habite : je suis avec le bon futur papa.

Depuis le jour où j’ai fait sa connaissance, je savais que notre route ensemble serait longue, belle et remplie d’apprentissages.

On navigue ensemble dans la fatigue du premier trimestre qui m’habite, les changements que la venue au monde de bébé créera dans notre quotidien commun et également dans nos quotidiens respectifs.

On s’accueille.
On se parle.
On se regarde dans les yeux en se disant :

“On va avoir un bébé, peux-tu croire?”

Photos officielles du premier trimestre par ma belle amie Sophie CG

Justine Reid pour Vent de Fraîcheur

✨ Visionnaire Créative & Spirituelle : Conférences | Animations | Coachings | Accompagnements | Direction Artistique | Rédaction

Femme aux multiples talents, dotée d'une vision créative et spirituelle magique, elle explore des thèmes tel que le corps, les relations humaines, la santé mentale, la méditation, la cuisine conscience, le voyage et bien plus encore. Blogue, WebSérie, Conférences, Podcast, Livres... tous les moyens sont bons pour Justine afin de transmettre des messages puissants qui transforment.

Elle rassemble désormais l'ensemble de ses projets sous un seul et même toit : La Maison Intuitive et Créative Vent de Fraîcheur, cofondée avec son amie, la magicienne Nessa.

Le but : créer une maison virtuelle où l'énergie circule. Un blogue haute fréquence qui connecte les âmes ensemble et favorise la guérison du cœur.

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