À 8h de route de ma zone de confort
Par un après-midi un peu frisquet de juin 2016, j’ai créé bien naïvement un groupe Facebook pour les femmes de carrière qui m’entouraient.
J’ai procédé à la création de ce groupe de façon tellement candide que j’ai réfléchi moins de deux minutes pour lui attribuer le nom : Les p’tites #Girlboss.
Après seulement quelques semaines, j’ai été surprise de constater l’engouement autour de ce groupe et j’ai commencé à comprendre que ça deviendrait rapidement plus grand que moi. J’ai décidé de l’alimenter régulièrement, de connecter avec les membres et d’offrir de la valeur liée à ma zone de génie : le marketing numérique. Plus il y avait de femmes qui se joignaient à cette communauté, plus j’étais mal à l’aise avec le nom du groupe.
Après un peu plus d’un an, Les p’tites #Girlboss est donc devenu Les Femmes de tête.
L’histoire de la communauté des Femmes de tête, je l’ai racontée à maintes et maintes reprises. Mais la fameuse première fois que je veux partager, c’est celle où, après huit ans de relations virtuelles et d’échanges dans le nuage, j’ai enfin osé sortir la communauté des Femmes de tête du web. Je le nomme comme si c’était bien banal, la routine quoi, mais au moment où j’ai pris cette décision, j’étais terrifiée pour tellement de raisons.
Ce qu’il faut savoir de mon histoire, c’est que j’habite à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue… et que la majeure partie des membres de la communauté des Femmes de tête se trouve à Montréal et aux alentours. Pour ceux dont les notions géographiques du Québec ne sont pas au point:
plus de 700 km séparent ma maison du centre-ville de Montréal.
Ça représente donc environ 8 heures de route. Ce n’est pas la mer à boire… mais ce n’est pas non plus la chose qui m’emballe le plus.
La décision d’aller à la rencontre des Femmes de tête représentait donc pour moi : plusieurs heures de route en solo, un certain investissement financier, une planification logistique de l’événement en soi, mais aussi une planification logistique de mes hébergements, mes déplacements, etc. Mais à ce moment-là, mon craving de connexions humaines l’a emporté sur mes petites peurs… et avec le recul, je ne pourrais pas en être plus reconnaissante.
Le 9 février 2025, j’ai donc pris la route vers un tout petit Airbnb à Laval, où j’allais me déposer quelques jours
et qui me permettrait de tenir la première Journée Flow Créatif des Femmes de tête. Pour être bien honnête, mon réveil du 10 février, seule dans ce Airbnb à des kilomètres de tous mes repères a été très difficile.
Pourquoi je me fais vivre ça?
Est-ce que ça vaut vraiment tout le mal que je me donne?
Est-ce que je m’inflige vraiment d’être loin des miens pour aller à la rencontre d’inconnues?
J’étais vraiment emballée de passer la journée du lendemain avec les Femmes de tête que je côtoie virtuellement depuis tant d’années… mais je me sentais profondément déstabilisée, très seule et un brin anxieuse.
Le lendemain, le 11 février, c’était le jour J: j’allais enfin faire vivre la communauté des Femmes de tête dans un espace physique. La nervosité l’a évidemment emporté : j’ai eu des maux de ventre terribles, j’ai eu envie de tout annuler une bonne dizaine de fois et de reprendre la route vers ma belle région… mais j’ai fait une femme (de tête) de moi et j’ai respecté mon engagement.
Dès que la première personne a mis les pieds dans la salle (je salue Geneviève, je me souviens parfaitement qu’elle était la première sur place), j’ai su.
J’ai su que j’étais à la bonne place, j’ai su que cette journée n’était pas une punition, mais un réel cadeau que je m’offrais. J’ai su que ça allait bien aller et, surtout, j’ai su que je n’aurais aucun regret, peu importe le déroulement des heures qui allaient suivre. J’ai su qu’il allait se passer quelque chose de spécial sans que j’y fasse quoi que ce soit, simplement parce que sortir du confort du web était magique en soi.
La formule de cette journée, à mille lieues des activités de réseautage corporatives, se voulait chaleureuse: yoga et breathwork en avant-midi pour ouvrir notre canal créatif et création de contenu en après-midi. Ça ne peut faire autrement que créer des liens forts.
Plus les participantes arrivaient, plus j’étais impressionnée de voir la facilité avec laquelle elles connectaient entre elles et les liens qui se solidifiaient au même rythme que la journée défilait.
En fin de journée, quand le niveau d’énergie a descendu un peu et que nous nous sommes toutes déposées ensemble pour parler de ce qu’on avait vécu, c’était unanime: les participantes avaient non seulement apprécié l’organisation de la journée, mais elles ressentaient surtout toutes une profonde gratitude envers les liens qu’elles avaient créés ensemble.
« J’ai l’impression que je viens de créer des relations pour la vie ».
Quand une des participantes a prononcé ces mots, j’ai vraiment compris le pouvoir de cette communauté, mais surtout la force de se rencontrer hors du web et l’importance de créer des expériences uniques, à l’image de l’espace bienveillant que j’ai créé en ligne il y a près de 10 ans.
Presque un an plus tard, j’ai la preuve qu’elle avait raison: plusieurs participantes sont devenues clientes les unes des autres, certaines ont développé des partenariats… et de fortes amitiés sont même nées de cette première activité loin du monde numérique.
Je ne crois pas avoir besoin de le nommer, mais pour éviter toute équivoque: cette première fois a allumé une étincelle qui m’a donné envie de reproduire l’expérience.
J’ai d’ailleurs terminé l’année avec 6 événements du genre dans la boîte à souvenirs et la tête pleine d’idées pour faire vivre la magie de cette communauté en chair et en os le plus souvent possible, à différents endroits, de différentes façons.
S’il y a deux choses que je retiens de cette expérience, c’est d’abord que s’infliger des premières fois n’est pas toujours doux, ça demande de se mettre volontairement dans l’inconfort, c’est challengeant… mais en faisant confiance au processus, on en ressort généralement toujours gagnant. Et la deuxième chose à retenir, c’est sans aucun doute l’importance de faire de nouvelles rencontres et d’oser sortir de chez soi pour le faire, même si, ça aussi, c’est inconfortable.