La première fois où j’ai fait l’amour seulement pour moi … j’avais 38 ans !
Quel titre accrocheur n’est-ce pas ?
Il m’est venu spontanément et c’est en le relisant que j’ai été surprise de l’envie de lire la suite qu’il m’aurait suscité si j’étais à la place de la lectrice !
C’est surtout que c’est plutôt surprenant de la part d’une ex-sexologue & psychothérapeute non ?
D’ailleurs, c'est maintenant à titre de mentore de proximité féminine, mais surtout de femmes, à la demande de Justine Reid, co-fondatrice de Vent de Fraîcheur et à mon grand bonheur, que je viens te parler de mon histoire « première fois » aujourd’hui, le cœur tout grand ouvert !
Alors oui, la première fois où j’ai eu une relation sexuelle en pensant uniquement à moi c’est en 2025, à l’âge de 38 ans et je suis émue de te dire ça, émue de fierté parce qu’après avoir passé le classique : « 38 ans my god, il était temps ! », ce qui est venu était très beau et doux et c’était plutôt : « Imagines-tu si tu n’avais jamais connu ça ? ».
Parce qu’il y a plein de femmes, des générations passées, et même actuelles, qui n’auront jamais la chance de goûter à ça, ou même qui vont penser y avoir goûté (comme c’était mon cas avant que ça m’arrive vraiment pour la première fois) et qui vont partir de cette vie-ci sans s’être délectées du plus grand plaisir qui peut être donné selon moi.
Je t’écris ça les yeux pleins d’eau, un grand sourire fendu sur le visage, le corps entier en pilo érection (un de mes mots préférés, que j’espère te faire découvrir, parce qu’après tout, je dis toujours que j’ai la profession qui fait sourire 😊) parce que ma fébrilité à moi, ce qui me crée la plus grande excitation, c'est la femme libre, complètement libre, qui danse dans sa grande robe blanche !
Mais bon, revenons à moi, parce que je le sais, tu as hâte que je t’en parle 😊
Ce que je disais, c'est que cette fameuse relation sexuelle est venue (tout comme moi plusieurs fois durant celle-ci 😊) à mes 38 ans. C’est en discutant avec une amie que j’ai réalisé que je ne m’étais jamais laissée pleinement recevoir, sans « donner » en retour, sans penser au temps que ça fait « que l’autre est en train de me donner du plaisir » et si « ça vaut la peine qu’il continue, si je sens que je vais être en mesure d’atteindre un orgasme dans les prochaines minutes ».
J’étais presque constamment en train de regarder, de « guetter »
“Est-ce que mon chum me regarde ?”
“Est-ce qu’il a du plaisir ?”
“Est-ce que moi j’en ai ?”
“Est-ce que je le démontre suffisamment ?
“Est-ce qu’il me voit ?”
“Est-ce qu’il a lu dans la façon dont j’ai bougé que je veux qu’il continue, qu’il reste à la même place, à la bonne place …. ?😊”.
Je sortais de mon corps pour regarder de quelle façon mon corps était positionné, si c’était excitant à voir !
Bref, à certains moments, je performais ma sexualité !
Tu auras peut-être compris à ce moment-ci que j’ai une légère tendance à l’observation et l’analyse Haha !
Je tiens à dire que j’ai toujours reçu beaucoup de plaisir dans ma sexualité, mais c’est comme si je voulais un balancier, je voulais que ce soit équitable, que l’on n’ai pas fait ça pour rien, que le moment en ait valu la peine, comme je le veux toujours dans tout ce que je fais. Je veux toujours « que ça compte »!
Et j’ai réalisé que pendant longtemps, j’avais des critères assez exigeants pour « que ça compte » ! Maintenant, je veux que ça compte pour moi !
Alors, suite à nos discussions, je me suis même mise à m’observer quand j’avais des moments d’intimité avec mon mari. Je n’étais pas complètement relâchée, je ne me permettais pas de « partir » complètement dans mon imaginaire sexuel, je voulais tellement être là, avec lui, en qualité de présence, dans la relation, que je me coupais d’une partie de la relation avec moi, peux-tu croire ?
J’ai capoté de me rendre compte de ça, mais genre ben raide, tsé une grosse réalisation là !
Donc, à partir de ce moment-là, je relâchais un peu plus, je « partais » un peu plus longtemps en moi, me laissant surfer les vagues langoureuses de mon plaisir interne, qui déferlaient en moi depuis je ne sais combien de temps…
Mon dieu, tout ce plaisir auquel je ne me donnais accès qu’en parcimonies, comme un endroit où je m’immergeais, mais dont je revenais rapidement à la surface avant.
Maintenant, je suis la sirène de MES profondeurs, c’est à moi ça et mon chum ne se nourrit qu’encore plus du plaisir qui se dessine à sous son regard.
D’abord sur mes lèvres, qu’il peut caresser.
Puis sur mon visage, d’une douceur que seul l’abandon peut étendre sur ma peau.
Dans mes cheveux qui s’offrent du balancement de ma tête vers l’arrière, vers où je ne me préoccupe plus de rien et où je perds la notion du temps et de mon corps dans l’espace.
Puis finalement sur tout mon corps, qui s’offre, mais plus pour faire plaisir à l’autre. Il s’offre maintenant parce qu’il devient une œuvre d’art exposée quand je suis en totale création, moi avec moi, allant chercher tout ce qui est disponible, tout ce qu’on m’offre, tout ce que la vie m’offre puisque je me permets d’être moi et d’être en moi, surtout.
Je suis fière aujourd’hui d’écrire ce texte parce qu’en fait tout ça n’a que très peu avoir avec ma sexualité et tout à avoir avec mon amour de moi.
J’ai été capable de marcher une route depuis toutes ces années où je m’aime assez pour tout prendre d’un moment sans me demander d’en laisser pour les autres (tsé comme quand tu te retiens de terminer une entrée à partager au resto).
Tout prendre d’un moment sans me dire que, « j’en ai assez eu », quand même, il ne faudrait pas exagérer. J’en ai que faire maintenant de ces constats, de ces pensées, qui ont longtemps vécues en moi. Je me revois encore après avoir atteint 1 ou 2 orgasmes me dire « c’est beau là Maggy, tu as assez eu de plaisir ! », mais sérieux, c'est quoi ça ? Il faut que ça cesse !
Une des phrases que j’aime le plus dire c’est : « C’EST ASSEZ ! » assez d’être raisonnable, de me contenter, de ne pas trop en prendre, de penser au lendemain, d’avoir peur d’être fatiguée, de me dire “ qu’une mère ne se permet pas de se délecter à ce niveau de sa sexualité” !
Je m’occupe tellement des besoins des autres, je suis tellement sollicitée, je suis la puissance énergétique de toute ma famille !
Et pour ça j’ai droit de m’offrir le plein équilibre : celui d’être prise.
Prise en charge et d’être le vase que l’on remplit de plaisir comme je le fais auprès des autres avec tellement d’écoute et d’amour chaque jour.
J’ai décidé que plus jamais je ne verrais ma sexualité comme quelque chose que je donne, mais comme quelque chose que je déguste en symbiose avec mon homme, dans notre danse à nous !
Si tu savais à quel point la vulnérabilité et l’authenticité que me permet ce texte, qui se doit d’être raconté dans mon histoire à moi, me challenge.
Je réalise qu’il me met dans une grande lumière, parce que je suis humaine moi aussi et que même si je redonne le droit aux femmes de se faire exister et avoir du plaisir, je le marche en même temps ce chemin.
Toujours plus confortable dans le rôle de celle qui écoute, qui lit, qui accompagne… Là, je vous raconte, main sur le cœur et j’aime tellement la façon dont ça me ramollit, la même que quand je me laisse TOUT recevoir de mes moments intimes.
Sais-tu tout ce que tu reçois quand tu es en toi, pleine, remplie, en train de répondre à tous tes besoins et toutes tes envies ?
Tu deviens un aimant pour tout ce qui te cherche : tout le plaisir qui est disponible pour toi dans l’univers.
La femme est un grand catalyseur pour tout.
Le plaisir sexuel nous place dans notre plus grande énergie créatrice !
Maintenant, je me permets de bouger, de me positionner de la façon dont j’ai envie, d’être celle qui mène la danse. En fait, je me permets tout, d’être la maîtresse d’orchestre, celle qui tient les ficelles et ça peut aussi se faire en me laissant être d’une certaine façon, en me plaçant dans MON énergie pendant que c’est l’autre qui me place dans une position pour que je sois confortable alors que je reçois pleinement.
Et même quand je donne, je suis moi ; déposée, intentionnelle, je laisse mes envies me guider, j’y prends plaisir. Je me découvre confiante d’essayer de nouvelles choses, je ne me prends plus au sérieux comme avant.
Et ainsi, je découvre que j’ai toujours su de quelle façon mon corps avait envie de vivre l’intimité avec l’autre.
J’ai été surprise, même après 26 ans avec le même conjoint, de pouvoir découvrir que j’ai déjà tout en moi pour renouveler notre vie sexuelle jusqu’à la fin de notre vie terrestre juste parce que ce que j’aime le plus, c’est être en qualité de présence et à l’écoute de mes sens.
Parce qu’avoir des relations sexuelles juste pour moi, c’est aussi continuer de donner, mais donner d’un espace tellement rempli en moi que ça déborde et que j’ai envie de l’offrir à l’autre !
Ce que j’ai remarqué dans mes rapprochements depuis : l’énergie qui circule est TRÈS puissante, mon chum réagit plus fort à des touchers plus doux, mais tellement intentionnels.
Out tout ce qui était « mécanique » et la performance de susciter une excitation chez l’autre, on prend encore plus notre temps et on savoure des zones érogènes que j’adore comme les lèvres, le visage, la nuque, les épaules, les cheveux (je t’invite ici à explorer ta sensibilité à toutes ces zones incluant ton cuir chevelu si tu es une femme),
Avoir recours aux jouets érotiques est de plus en plus rare. Nos regards sont encore plus soutenus et aimants. Faire l’amour est une suite naturelle à l’expression de nos sentiments l’un envers l’autre plutôt que quelque chose “à faire”.
Ça a toujours été le cas en fait, mais là nos corps parlent encore plus forts, ils veulent être ensemble, arrêter le temps, peu importe la forme que ça prendra.
Je signe ce texte en te disant que je m’appelle Maggy Brunelle, que je suis une femme de 39 ans maintenant, qui a une urgence de vivre incroyable, qui se couche chaque soir et se lève chaque matin en remerciant la vie !
Je n’ai pas une histoire facile, je me suis construite seule, mais tout ce qui m’a crack open, j’ai choisi que ça m’ouvre à moi, à mes désirs et rêves les plus profonds. Le vide en moi ne me fait plus peur parce que je sais maintenant que ce sont les zones de moi que je ne connais pas encore !
J’ai toujours su que tout ce qui vivait dans mon imaginaire dans la case “rêves” avait été placé en moi parce que je pouvais l’avoir. Je n’ai jamais laissé personne me décourager ou me dévier de MA voie et me voici aujourd’hui à publier pour un collectif pour la première fois de ma vie aux côtés de grandes personnes ! (Tiens une autre première fois 😊)
Je souhaite qu’au moins un de mes mots, phrase ou qui sait, un passage, se soit frayé jusqu’à toi, qu’il se soit déposé dans ton cœur et t’ait apporté un peu ou même beaucoup de ce que tu avais besoin de lire aujourd'hui, parce que je suis une messagère par mes expériences et mes apprentissages.
Privilégiée je suis d’être en vie, d’exister, d’avoir du plaisir et maintenant, DE FAIRE L’AMOUR UNIQUEMENT POUR MOI !
Puisses-tu te donner droit à autant ! Avec amour et toute ma présence xxx