Travailler dans un organisme communautaire représente beaucoup de défis. 

Mes fonctions de directeur général sont occupées avec la gestion budget d’opération, les ressources humaines, les représentations, les activités de financement et surtout m’assurer d’offrir une belle gamme d’activités aux proches aidants et à ceux qui vivent avec des pertes cognitives.

Et malgré les 15 années qui ont passé depuis mes débuts à la Société Alzheimer Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la passion est toujours bien présente.

Une des choses qui me confronte au quotidien, c'est de constater et voir de très près, le vieillissement des gens de mon coin de pays et à ceux qui vivent avec des pertes cognitives. Cette maladie touche toutes les classes de la société. Je vois en action des gens qui ont eu de très belles carrières, des directeurs de centres financiers, des élus politiques, des travailleuses sociales, des policiers, etc. La maladie n’épargne personne, quel que soit de ce que tu as fait dans la vie, de ce que tu as gagné ou du titre de ton métier.

Partout où je vais dans mon village de la Gaspésie, lors de mes déplacements à l’épicerie, au bureau de poste, lors de mes marches avec mon fidèle labrador, Filou, dans la rue, les gens qui me connaissent m’arrêtent souvent me parler de la maladie d’Alzheimer.

« Ma mère vient d’obtenir un diagnostic »
« Mon frère vit avec la maladie depuis 5 ans »
« Mon père est proche aidant et il est très fatigué, il a besoin de répit. »
 

Les témoignages me frappent encore davantage lorsqu’une personne à assez confiance pour me dire : « je vis avec la maladie d’Alzheimer. »

Devant ses confidences des gens, je suis empathique à chacun d’eux.

Même si je n’ai pas été directement touché de près dans ma famille avec des gens qui ont vécu avec la maladie d’Alzheimer, mes 15 ans d’expériences au sein de l’organisme font que je suis en mesure de comprendre la réalité et les défis que vivent les familles touchées par cette maladie.

En retour, je suis fier de leur parler des services qu’ils peuvent recevoir au sein de la SAGÎM peu importe qu’ils soient proches aidants ou une personne vivant avec des pertes cognitives. J’aime mentionner que nous avons une vingtaine de professionnels sur notre grand territoire pour les aider.

Je me souviens, lorsque j’étais plus jeune, parmi les gens que j’ai connus et qui ont joué un rôle significatif dans mon éducation, il y avait un professeur du secondaire qui m’a enseigné et dont j’appréciais beaucoup son humour et son soucie de transmettre sa matière à ses élèves.

La chimie était agréable dans la classe, ce qui faisait que je levais très souvent la main pour poser des questions lors de ses écrits au tableau.  Cette personne était également mon tuteur dans le cadre scolaire.   C’est lors de la remise du bulletin, que ce professeur m’avait dit « Je ne sais pas ce que tu feras dans la vie, mais je sais que tu feras un métier différent de la plupart des autres ! » 

En étant adolescent, et pas encore trop curieux de la vie, je ne lui avais pas demandé ce qu’il voulait dire par son propos.  Mais à l’occasion, je repensais à ce qu’il m’avait dit et je trouvais dommage de ne pas avoir cherché davantage à comprendre lors de cette conversation.

C’est 30 ans plus tard que j’ai pu comprendre. Mon métier de directeur de la Société d’Alzheimer, me permet de redonner à ceux qui m’ont donné. Lorsque j’ai revu ce même professeur pour la première fois dans les bureaux de la SAGIM que j’ai compris la différence que je crée. J’avais appris quelques semaines plus tôt, par une intervenante de l’organisme, que mon ancien professeur bénéficiait maintenant des services de la SAGÎM à titre de personne vivant avec des pertes cognitives. 

La journée où j’ai eu la chance de revoir ce professeur de l’époque, j’étais fier de lui dire qu’il m’avait déjà enseigné.  Ce fut une rencontre marquante.

Cette personne qui a contribué à me transmettre ses connaissances, ses valeurs, sa passion de son métier, maintenant, c'est à mon tour de faire une différence en lui permettant de recevoir des services significatifs pour améliorer sa qualité de vie. 

Je sais maintenant que mon métier pas comme les autres change la vie de centaines de personnes par année, grâce à la précieuse équipe de la Sagim et au soutien de notre communauté.

SAGIM - Société Alzheimer Gaspésie Îles de la Madeleine

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Bernard Babin pour Vent de Fraîcheur

Directeur général de la Société Alzheimer Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine depuis 14 ans. Il sera présent lors de cette journée pour échanger avec vous. Visionnaire, toujours en quête d’espoir et de lumière pour influencer et toucher sa communauté, Bernard nous rappelle qu’ensemble on peut aller plus loin.

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