Quand la vie t’arrête à 120 km/h
Est-ce que la vie t'a déjà FORCÉ à arrêter ?
Aujourd’hui, je te fais voyager dans le temps avec moi.
On déroule la cassette du temps jusqu’à mai 2023.
Mon conjoint m’offre un voyage pour entrepreneurs en Tunisie, un pays magnifique. PSST… pas pour aller me faire une chirurgie esthétique, un vrai voyage, avec une magnifique gang de femmes entrepreneures.
Durant ce voyage, il y avait du coaching, mais ce ne sont pas les coachings en soi qui ont brassé des affaires en moi, c’est l’expérience générale : le hammam, la marche dans le Sahara à dos de dromadaire pour voir un magnifique coucher de soleil, la visite du Colisée d’El Jem, les moments seuls sur le bord de la mer Méditerranée et les discussions profondes avec d’autres femmes.
Jusque-là, tout semblait bien aller!!
Lors de mon retour, c’est comme si on avait frappé à coups de masse sur mes fondations, ce que je croyais solide… mais, j’ai bien compris que non!!
Tout le monde me disait dès mes premiers pas en dehors de l’aéroport à Montréal :
« Tu es différente, Jen. »
Au début, je croyais que c’était le jet lag… mais non. Après deux semaines, c’était pire : grande remise en question existentielle sur TOUS les pans de ma vie : perso, pro, familiale. J’ai même recommencé à fumer après presque 7 ans d’arrêt… J’ai fumé pendant 6 mois suite à ce voyage. J'en parle ici pour la première fois.
J’avais besoin de m’évader de ma vie et des chapeaux que je portais. J’étais émiettée de l’intérieur, complètement. J’avais besoin de me trouver et de me reconstruire entièrement, sur des bases plus solides.
J’ai donc pris la décision de me trouver un emploi et de quitter le nid familial, non pas pour me séparer, mais pour me retrouver. Je suis allée passer quelques mois chez quelqu’un de la famille. J’avais besoin de prendre mes distances et de redevenir indépendante.
Je te dirais aussi retrouver une liberté que j’avais l’impression d’avoir perdu sous toute ma charge mentale.
Comment te dire que mon chum n’était pas très heureux de m’avoir payé ce voyage…
J’ai TOUT arrêté le “développement personnel” à ce moment de ma vie. J’étais en overdose d’informations et dans un grand sentiment de performance !
On rembobine la cassette pour se rendre à septembre 2023. Ma base est de plus en plus solide, je me sens mieux. Je reviens doucement dans le nid familial avec des limites établies et j’ose demander de l’aide dans les tâches aux autres membres de la famille. J’ose m’exprimer clairement, dans le respect de tous. Je retrouve mon identité en tant que femme et maman.
Vitesse X2, on est maintenant dans la première semaine d’octobre.
Je suis à mon nouvel emploi depuis quelques mois et je me mets à parler avec une collègue. Je lui raconte mon parcours, que j’ai plusieurs diplômes, comme professeure en méditation, hypnose, PNL, synergologie, et qu’avant, j’ai été kinésithérapeute pendant plus de 6 ans.
Elle me répond « Mais qu’est-ce que tu fais ici ? Tu gaspilles ton potentiel… »
Alors, le soir, je reviens chez moi, je descends dans mon bureau, je n’y avais pas mis les pieds depuis le mois de mai, avant mon départ et je regarde mon mur. Je vois tous mes diplômes accrochés et je me dis :
« Elle a raison. Quel potentiel gaspillé. Plier du linge, ce n’est vraiment pas là que je crée de la magie et que je contribue avec ma lumière. »
Et cette même semaine, mon premier chien de vie adulte est très malade depuis quelques mois. Je suis aussi, à ce moment-là, dans un processus de deuil, parce qu’au fond de moi, je sais que c’est la fin, malgré des essais médicaux.
Nous voilà un beau mardi 3 octobre 2023, ensoleillé. J’appelle mon conjoint et on s’obstine sur qui va chercher notre fille à la garderie, parce que je n’ai pas le temps selon moi, vu que j’ai une cliente de programmée dans mon horaire.
C’est à ce moment que je lui dis :
« Chaque minute compte. »
Par la logique des choses, c’est moi qui vais la chercher à la garderie. Sur la route du retour à la maison, la vie m'arrête à 120 km / h sur l'autoroute dans une collision frontale.
L’auto se met à parler, il y a de la poussière dans tout l’habitacle, les coussins gonflables ont tous été déployés. À l’arrière, j’entends :
« Maman… »
J’ai les deux mains crispées sur le volant et je me tourne vers l’arrière. À cet instant, le temps s’arrête. Les sons deviennent très faibles et au ralenti.
Je te le dis, si je n’avais pas été capable de marcher, je crois que j’aurais été capable quand même de le faire tellement l’adrénaline était haute. Mon cœur de maman s’est serré.
Je cours aller la sortir du véhicule en gardant mon calme et en prenant quelques signes visuels : pas de sang, elle tourne la tête et on attend les urgences.
À cet instant, « chaque minute compte » a pris tout un autre sens dans ma vie.
La vie est beaucoup trop courte pour se fendre le cul dans un travail qui ne nous convient pas. Pour ne pas aller vers la plus grande réalisation de nos ambitions. Tout est possible, il suffit d’y croire et de travailler pour y arriver.
Ç’a été un moment où la vie m’a mise au pied du mur pour me faire réaliser tout ce que j’avais en moi et autour de moi.
Profiter des gens qu’on aime,
Aller au-devant de nos projets,
Créer la vie qui nous ressemble.
Je reçois le résultat du diagnostic de mon chien… le lendemain de l’accident.
Le pronostic étant nul. Alors, je suis face à une décision. La garder en vie et la voir souffrir ou la laisser devenir un ange. C’est le jour même que je prends le rendez-vous, je la fais euthanasier. Je me dis, au fond de moi, qu’elle a pris notre place, qu’elle était notre étoile protectrice la veille lors de l’accident.
C’est à la suite de ces événements que j’ai changé ma vision de la vie. L’année 2024 a été une année de réflexion, de hauteur sur l’année 2023.
J’ai pris cette année sabbatique, je n’ai rien fait!! Rien!! Pas travailler, pas de “développement personnel”, pas de coaching, rien !
J’ai passé du temps avec mes chiens et mes chevaux dans la nature. Cet endroit qui ressource et nous permet d’être soi malgré le jugement des autres, je m’en crissais comme l’an quarante. Dites ce que vous voulez, moi, j'aime ma vie et je suis en vie ! Leur avis, c’est leur vie ! Ça m’a permis de solidifier mes fondations personnelles pour créer ceux de l’entrepreneure que je suis devenue.
En 2025, j’ai pris conscience que ce qui m’avait soutenue durant les deux dernières années, c’était la nature, les animaux et mon souffle.
Ils m’ont permis de me retrouver dans une vraie partie de moi, une vraie écoute de la femme que je suis.
J’ai aussi réalisé que j’étais tombée, depuis les débuts de mon parcours de développement personnel, dans le côté sombre que j’appelle la fatigue du développement personnel, où la performance prend toute la place : devenir LA meilleure version de soi, les to-do lists qui ne finissent plus, le contrôle du mieux-être…
J’ai donc pris la décision d’unir deux espaces qui m’ont accompagnée dans la vraie écoute de soi : les animaux, avec la zoothérapie et la méditation, qui nous accompagne avec notre souffle.
J’ai réalisé en septembre 2025 ce rêve, un grand rêve de vie : l’ouverture de mon studio Ôm animalya de zoo-méditation pour accueillir des femmes qui ont un parcours qui ressemble au mien.
Des femmes qui se sont oubliées à travers tous les chapeaux qu’elles portent, derrière les besoins des autres. Des femmes qui se sont perdues dans le faire et la performance du développement personnel. Les accompagner à s’aimer assez pour s’écouter, écouter leurs besoins et trouver leur place intérieure.
Ça fait peur d’aller voir ce qui est enfoui en soi, mais ça vaut la peine d’y aller consciemment et bien accompagné !