On s’imagine souvent que la première fois où l’on aime vraiment en restant près de soi arrive grâce à une rencontre amoureuse marquante.

Un grand amour comme dans les films. Un partenaire conscient et aimant. Un alignement parfait, quoi !

Quand j’ai accepté de rédiger cet article pour Vent de fraîcheur, j’avais la certitude que son écriture allait m’apporter quelque chose de grand, sans avoir la moindre idée de ce que ce serait.

Pour moi, ce n’est pas un homme qui a ouvert cette porte, mais une petite brune nommée Céleste. Et c’est pendant la préparation à la rédaction pour cet article que je l’ai compris. 

Avant, aimer voulait dire se contracter

Dans la sphère familiale et amoureuse, avant cette première fois-là, aimer impliquait toujours la même chose pour moi : me contenir, me plier, me retenir, et surtout ne pas être pleinement moi.

Aimer était lié à une forme de vigilance constante  de souffrance discrète aussi, presque continue. Mon système nerveux était toujours en alerte. J’aimais, oui, mais en restant prête à m’ajuster, à encaisser et à répondre aux besoins et aux envies de l’autre avant même de m’entendre.

Ce réflexe n’était pas conscient, il était ancien, familial, relationnel et vraiment profond en moi.

Nos relations de grande proximité forgent notre discours interne et vice-versa. Elles façonnent nos réflexes, nos peurs, notre manière de nous percevoir et notre capacité à nous entendre nous-même.

Pendant longtemps, j’ai porté mes histoires familiales et amoureuses comme un fardeau invisible, sans même savoir que je pouvais vivre autrement.

Et puis, sans que je m’attende à son effet remarquable, un tout autre type de relation est entré dans ma vie.

Le basculement invisible : devenir mère

Je suis devenue mère à 39 ans sans savoir que j’entrais, en même temps, dans ma première relation familiale/amoureuse où je pouvais aimer sans me trahir.

Ce n’est pas arrivé dans un grand éclair de conscience, c’était discret, progressif et presque imperceptible jusqu’à tout récemment. En me choisissant comme maman, Céleste m’a offert quelque chose de fondamental : un espace relationnel où je n’avais pas besoin de me contracter pour aimer.

Avec elle, je pouvais être fatiguée, imparfaite, joyeuse, occupée, présente, profonde, légère, toujours aimante et en paix dans la relation. Être moi-même avec tout ce que je suis a toujours été suffisant avec elle, et sincèrement, toujours magique.

Je n’avais pas à performer l’amour.

Je pouvais l’habiter et le nourrir avec ce que j'avais à offrir tout simplement. C’est elle qui a donné le véritable coup d’envoi, qui m’a amené à aimer avec tout ce que je suis, incluant surtout tout le beau qui m’habite et que je lui offre en continu.

À vous écrire, je finis par me demander si ce n’est pas elle, en m'aimant, qui m’a donné l’élan de m’aimer encore plus. Nous sommes sûrement dans un de ces cas où c'est la  poule ou l'œuf ; moi, je choisis le cœur et toutes ces belles couleurs lorsqu’il est en confiance.

Le quotidien comme école relationnelle

Notre relation est devenue, sans que je l’aie planifiée, une école du quotidien. Un espace sécuritaire, vivant, ajustable sans que personne ne s'embête.

Chaque matin, à l’autobus, nous avons un rituel : nous choisissons chacune notre super-pouvoir du jour. Pas pour devenir meilleures, mais pour nous accueillir et vivre pleinement, peu importe ce que la journée va contenir ou dans quelle énergie nous la débutons.

Parfois notre super-pouvoir, c’est la douceur. Parfois, le courage. Parfois, la patience. Parfois, la joie. Parfois, c’est même un mot complètement inventé du bel esprit de Céleste qui se permet tout en disant “Super-Céleste-Écoutante”. 

J’ai une fille amoureuse des règlements qui sait s’écouter et se nommer… de toute beauté!

Ce rituel simple m’a appris quelque chose de fondamental. Nommer un besoin n’est pas un problème, c’est une compétence relationnelle.

Avec Céleste, il y a de l’espace pour le besoin d’attention, le besoin d’amour, le besoin d’aventure, le besoin d’être seule et le besoin… de ne rien vouloir pendant un moment, ni même nommer son super-pouvoir… Même le besoin de vide est le bienvenu auprès de nous. (Surtout le besoin de vide en fait)

Cette relation m’a offert un terrain de jeu où je pouvais m’entendre, m’ajuster et offrir le plus beau de moi, sans me questionner, sans me justifier, sans me perdre et surtout sans avoir peur.

Et ce que je lui offre, ce n’est pas tout de moi. C’est tout le plus beau que j’ai en moi. 

En s’écoutant et en se nommant avec ouverture, accueil et amour aux personnes qui sont très près de nous, nous avons accès à diffuser tout le beau qui nous habite et aussi à se l’offrir à soi en temps réel. 

Le corps comme boussole (le vrai tournant)

C’est ainsi que quelque chose de plus profond s’est installé. Avec cette sécurité relationnelle, mon corps a commencé à parler plus fort que ma tête. Pas de manière spectaculaire mais de façon claire.

Oui.
Non.
Pause.
Encore.
Pas maintenant.

Dans mon corps, je sentais quand c’était juste. Et quand ça ne l’était pas. Cette écoute corporelle, née dans la maternité, a tranquillement infusé le reste de ma vie. J’y ai même laissé aller des amitiés. Dans mes relations amoureuses, j’ai commencé à ralentir sans culpabilité, refuser sans me justifier, rester sans me forcer et partir sans avoir peur de perdre.

Je vous avoue que mon corps a parfois crié très fort et que j’ai résisté au début. Je me disais : depuis quand mon corps m’a empêché de faire ce que je voulais ? Depuis que j’aimais et que j’étais aimée avec l’espace d’être moi en retour ! Il osait enfin dire quelque chose!

Je n’étais plus obligée d’aller jusqu’au bout pour être légitime. Je pouvais m’arrêter avant de me perdre. Je ne devais plus tout supporter. Quel soulagement “doux Jésus”.

Dans mon travail aussi, quelque chose a changé. Je ne forçais plus les élans. Je ne compensais plus par excès de volonté et de générosité. Je choisissais des actions qui respectaient mon rythme réel. Mon corps était devenu ma boussole… mon âme l’était aussi.

Vivre en famille, sans être en couple

Je vis en famille, mais pas en couple. Le père de Céleste est un coparent exceptionnel, mais il n’est plus mon amoureux depuis bientôt 3 ans.

Habiter avec son ex demande une chose essentielle: rester près de soi pour continuer d'être heureuse.

Cela demande d’offrir de l’amour, oui, mais jamais plus à l’autre qu’à soi. Cela demande de ne plus se sacrifier au nom de l’harmonie apparente. Et surtout, de ne plus jamais croire que l’on mérite moins que le plus grand pour soi.

Être la maman de Céleste m’a permis, pas à pas, de choisir mes relations de proximité autrement. De comprendre que je pouvais aimer, contribuer, créer une famille vivante, sans me nier, sans me plier, sans m’effacer.

Dans cette famille sans couple, il existe une cohérence vivante. Il y a de l’entraide, des rires, des ajustements constants qui font du bien et de nombreux moments de douces folies à trois dans la cuisine. Un espace où, avec courage et amour de soi, on peut se nommer, s’accueillir, se choisir, cheminer à son rythme… et aimer librement.

La coparentalité comme espace élargi (sans me perdre)

La relation avec Céleste a été mon premier véritable terrain d’amour sécuritaire de proximité. Un espace où j’ai appris, très concrètement, à aimer en restant près de moi.

Avec elle, je n’ai jamais eu à me contracter pour être aimée. Je pouvais offrir le meilleur de moi, pleinement, naturellement, sans me demander si c’était trop, pas assez, ou mal placé. L’amour me demandait d’être vraie, présente, engagée… et surtout à l’écoute de moi-même pour lui offrir tout ce beau qui était en moi.

Cet ancrage m’a donné quelque chose de très solide : une assurance tranquille. Un repère intérieur qui m’a permis, au fil des années, d’apporter aussi le meilleur de moi dans la coparentalité.

Ce qui unit profondément son père et moi, c’est le bonheur d’être les parents de Céleste et de profiter de la vie en sa compagnie. Lui et elle ont leur écosystème relationnel. Elle et moi avons le nôtre. Et c’est précisément parce que ces espaces existent, sont respectés et nourris, que le trio peut vibrer davantage tout en restant soi.

En restant profondément ancrée dans ma relation mère-fille, dans nos belles couleurs à nous, j’ai pu contribuer à cette famille de 3 sans me perdre.

Ce que cette première fois m’a rendu possible

Je ne vous dirai pas que tout est parfait aujourd’hui dans ma vie amoureuse, par contre. Ce serait vous bourrer comme une dinde à Noël.

Mais je peux vous dire ceci, avec une immense fierté : je sais maintenant rester près de moi dans mes liens avec les hommes. Je sais écouter mon corps et je sais aimer sans me plier. Je respecte mon rythme, je ne me fais plus violence et je n’ai plus peur de perdre l’autre. 

Et ça, je le dois à cette première relation de grande proximité sécuritaire. À cette première fois où aimer ne voulait pas dire être à l’étroit et souffrir en silence, mais prendre toute la place dont chacun a besoin.

La maternité a été un tremplin invisible mais puissant, un laboratoire relationnel et lieu d’apprentissage radical mais toujours doux.

À lui offrir le meilleur de moi en étant en sécurité dans le lien, j’ai lancé à tout mon être un message qui s’est amplifié toujours plus…Et si tu pouvais TOUJOURS rester près de toi? 

Ma relation avec ma fille m’a donné le courage, pas à pas, d’aborder mes relations amoureuses autrement, mes relations professionnelles aussi et surtout ma vie autrement avec mes propres couleurs.

Certaines relations nous offrent l’espace pour nous réparer, nous réenseignent comment aimer et nous redonnent accès au plus beau en nous. En fait, certaines relations nous rendent libres. Pour moi, cette relation a été celle-là. Elle l’est toujours.

La première fois que j’ai aimé avec tout ce que je suis, ce n’était pas romantique, ce n’était pas spectaculaire, et ce n’était pas avec un homme.

C’était vrai.

Et depuis, je ne peux plus revenir en arrière, je regarde droit devant avec le cœur grand ouvert et c’est tellement beau!

PS. Peut-être que pour toi, ce chemin ne passera pas par l’amour romantique. Peut-être que ce ne sera pas par un couple, ni par une grande histoire, et c’est correct. Il existe d’autres portes. D’autres relations. D’autres espaces où l’on peut apprendre à aimer sans se trahir.

Parfois, il suffit d’une relation suffisamment sécuritaire, pas parfaite, pas spectaculaire, pour réapprendre à rester près de soi.

L’amour sain pour tous ne demande pas toujours la même forme, mais il demande presque toujours la même chose: qu’on cesse de se quitter pour y entrer.

Jacinthe Généreux pour Vent de Fraicheur

Jacinthe Généreux est stratège humaine et d’affaires, fondatrice de GÉNÉREUX – l’agence. Elle accompagne entrepreneurs, employés clés et talents stratégiques à voir tout le beau qu’ils portent, à se repositionner et à activer des opportunités d’affaires alignées, rentables et profondément humaines. Elle crée des espaces rares où l’on peut se transformer sans pression, tout en posant des gestes concrets et payants. Son approche est lucide, intuitive et structurante, là où le sens, le courage d’être soi et la prospérité se rencontrent.

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