D’enfant différente à femme magique !

Je me faisais vomir pour ne pas être entourée

Je ne savais pas comment le dire. Je ne savais même pas qu’un jour j’aurais les mots. Je savais juste que je ne voulais pas être entourée des autres enfants. Le bruit, les voix, les énergies, les regards… tout était trop.

Alors je me faisais vomir. Pas pour attirer l’attention. Pas pour provoquer. Je me faisais vomir pour être tranquille. Pour qu’on me laisse seule. Pour que mon corps me protège là où ma voix n’existait pas encore. Avec le recul, je comprends aujourd’hui que ce n’était pas de la faiblesse. C’était de l’instinct. C’était de la survie.

Avant même l’école, je savais que j’étais différente

Je n’avais pas encore mis les pieds à l’école que je le sentais déjà. Je n’étais pas comme les autres. Je ne jouais pas comme eux. Je ne réagissais pas comme eux. Je n’avais pas les mêmes besoins. Je ressentais tout : les ambiances, les tensions, les émotions des autres, même quand ils ne parlaient pas. Mon système était toujours allumé. Les autres enfants criaient, couraient, riaient fort.

Moi, j’avais besoin de silence, de calme et d’espace. Je ne savais pas encore que j’étais hypersensible. Je ne savais pas encore que j’avais des dons de ressenti. Je savais juste que le monde était trop intense pour moi. Alors mon corps trouvait des solutions. Vomir en faisait partie.

À 6 ans, un mot... mais pas toute la vérité

À 6 ans, on m’a dit que j’avais la dysphasie.

Un mot médical pour expliquer pourquoi je n’étais pas capable de parler “normalement”.

Pourquoi ma voix ne sortait pas bien ?
Pourquoi les mots restaient coincés ?
Pourquoi j’avais de la difficulté à écrire correctement ?
Pourquoi j’avais de la misère à suivre les autres?

Mais ce mot ne racontait pas toute l’histoire.

Ce n’était pas juste un problème de parole. C’était comme si ma voix était bloquée parce que je percevais trop. Comme si dire les choses était dangereux. Comme si parler me mettait à nu. Je savais ce que je ressentais. Je savais ce que je captais. Mais traduire ça en mots… c’était impossible.

Alors, je me taisais. Et mon corps continuait de parler à ma place. Le monde invisible était plus naturel que le monde réel. Très jeune, j’ai compris quelque chose d’important :

Le monde invisible était plus facile à comprendre pour moi que le monde réel.

Je ressentais les énergies dans une pièce. Je savais quand quelqu’un allait mal sans qu’il me dise un mot. Je captais les non-dits, les émotions cachées, les vibrations. À 6 ans, il m’était plus facile d’entrer en contact avec mes ressentis, ma voyance intuitive, que de parler avec des mots. Je croyais naturellement à l’Univers, aux signes, aux ressentis… À ce qui ne se voit pas, mais se sent. Et surtout… je n’ai jamais été seule là-dedans.

Mes parents ont toujours cru en moi. Même quand ils ne comprenaient pas tout.

Ils voyaient que j’étais différente, oui , mais ils ne cherchaient pas à m’éteindre. Ils ne me disaient pas que j’étais « trop » à chaque matin. J’avais mon cahier et je devais écrire une phrase (soit mes émotions ou l’activité que j’allais faire), et ma mère me répondait et corrigeait mes fautes. Sans oublier de dire mes émotions à haute voix. Ils m’ont soutenue quand ma voix avait du mal à sortir. Ils m’ont aidée à pousser, à soulever, à faire émerger une voix qui était là, mais enfouie. Ils ont respecté mon monde intérieur. Et ça… ça a tout changé.

Grandir avec une voix imparfaite, mais vraie : à force d’être mise à part, j’ai fini par croire que le problème, c’était moi. Que ma façon de parler, de ressentir, d'exister… était de trop. À l’école, on ne cherchait pas à m’entendre. On cherchait à me gérer. À me contenir. À me placer derrière des paravents, loin des regards, loin du bruit que je faisais sans le vouloir. Je me faisais niaiser. Parfois subtilement. Parfois ouvertement. Les regards, les rires étouffés, les silences lourds… je les sentais tous.  Je comprenais très vite que j’étais perçue comme « pas normale ». Alors j’ai appris à me surveiller. Chaque mot. Chaque son. Chaque émotion. Je me suis coupée en morceaux pour essayer de rentrer dans le cadre. Ça faisait mal, très mal.

Mais plus j’essayais de me taire, plus quelque chose en moi criait.

À l’adolescence, ma voix a commencé à sortir pour vrai. Pas comme il l’aurait voulu. Pas douce. Pas lisse. Elle est sortie directe. Brute. Sans filtre. Je suis devenue noire ou blanche. Dire les choses telles que je les ressens est devenu ma seule façon de ne pas m’étouffer. Je ne savais pas faire semblant. Je ne savais pas arrondir les coins. Et au fond… je n’en avais plus envie. Cette voix-là, je l’ai longtemps vue comme un défaut. Quelque chose à corriger. À calmer. À cacher. Aujourd’hui, je sais que c’était un appel.

Parce qu’en même temps que ma voix s’affirmait, mes ressentis se sont amplifiés.

Je sentais les gens. Leurs émotions. Leurs non-dits. Leur énergie. Je captais ce qui n’était pas dit. Ce qui vibrait en dessous des mots. Et cette sensibilité, qu’on avait essayé d’éteindre, est devenue ma force. Ma voix imparfaite n’était pas une faiblesse. C’était un canal. Un passage. Une vérité qui demandait à sortir. Et cette fois… je ne l’ai plus jamais retenue.

L’école, ça n’a jamais été simple. J’avais toujours plus à faire que les autres. Plus de devoirs, plus de rattrapage, plus d’efforts pour arriver au même endroit. Les fins de semaine, pendant que d’autres se reposaient, moi je voyais une femme, une tutrice. Elle m’a énormément aidé. Elle prenait le temps. Elle m’expliquait autrement.

Elle croyait en moi, même quand moi, je doutais.

L’été aussi, c’était l’école. Encore. Toujours pour rattraper. Toujours pour compenser. Toujours pour prouver que j’étais capable. Mon mental était souvent saturé. Fatigué. Plein.

Quand j’arrivais enfin à réussir un contrôle… quand je touchais le fameux 60 %, ma récompense, c’était le temps libre.

Pouvoir aller jouer. Respirer un peu. Mais paradoxalement, je me retrouvais souvent seule. Et dans cette solitude, quelque chose de précieux s’est ouvert. Mes dons se sont développés. Mes ressentis sont devenus plus fins. Plus précis. Ma connexion à l’énergie s’est intensifiée. Quand le système scolaire m’écrasait, l’Univers, lui, me soutenait. Je sentais que je n’étais pas brisée. Juste différente. Branchée ailleurs. Connectée à autre chose que les notes, les pourcentages et les cadres. 

Il y a eu une longue période d’étouffement.

Trop d’attentes. Trop de cadres. Pas assez d’espace pour être moi. Puis quelque chose a lâché. Un relâchement. Une respiration. Et tranquillement… un épanouissement. J’ai compris que je n’étais pas brisée. J’étais alignée autrement.

Un jour, j’ai eu un flash. Pas une idée.

Pas un rêve. Une certitude : Je peux développer une entreprise. Je le savais dans mes tripes. Dans mon corps. Dans mon énergie. L’Univers me parlait comme il l’avait toujours fait. Qui l'aurait crue : seulement un secondaire 4, j’ai généré 60 000 $ par année. Et ce n’était pas un hasard. Le toucher. La présence. L’écoute. Tout ce que je n’arrivais pas à dire avec des mots, je le transmettais autrement. Par mes mains. Par mon énergie. Par mes ressentis.

À 16 ans, j’ai choisi ma voie

À 16 ans, j’entre en massothérapie et en kinésithérapie. Des journées longues.

On commençait vers 7/8hrs am et on finissait les cours à 18hrs pm. Le matin, c’était la théorie, et ensuite, dans l’après-midi, c’était de la pratique sur nous. De savoir chaque muscle, chaque tension, chaque fibre musculaire par cœur. Des mots, des terminaisons avec chaque mot différent, et j’en passe… Je savais que j’étais sur mon X. Toute ma vie m’avait menée là. 

Aujourd’hui, j’ai une clinique ; un espace énergétique et sécuritaire.

Un lieu où les gens n’ont pas besoin de parler parfaitement pour être compris. Un lieu où l’énergie en moi qui circule. Où les ressentis sont respectés. Je sais reconnaître ce que les gens portent, même quand ils ne le disent pas. Parce que j’ai grandi comme ça.

Autrefois, je me faisais vomir pour ne pas être entourée. Aujourd’hui, j’accompagne les autres à se sentir en sécurité dans leur corps. Je crois toujours à l’Univers. À mes ressentis. À mes dons. 

Et je sais maintenant une chose : Si mon corps a parlé avant ma voix, c’est parce que mon âme savait déjà où elle allait.

Malgré la difficulté, je trouve le moyen de m’exprimer en vrai. Sur les réseaux sociaux. Et, à tous ceux qui croyaient que j’allais finir ma vie comme caissière de Dépanneur dû à mes difficultés scolaires, je vous invite à venir me rejoindre dans ma clinique. 😉

Jade Grenier pour Vent de Fraicheur

Jade Grenier est massothérapeute / kinésithérapeute et maître en soins énergétiques.

Ayant grandi avec la dysphasie, elle a transformé les défis en force.

Son hypersensibilité, son intuition et sa présence profonde sont aujourd’hui au cœur de sa pratique. Elle accompagne les gens à se déposer, se libérer et se reconnecter à leur puissance intérieure, dans ça clinique ; un espace sécurisant, humain et profondément aligné.

EN SAVOIR PLUS SUR SUR JADE ⬇

https://www.instagram.com/jadgrenier/
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