La première fois que je me suis retrouvée loin d’eux
Je ne pensais jamais pouvoir autant pleurer devant des gens, des inconnus.
Je réalise qu'à force de vouloir être forte, j'ai tellement gardé et étouffé mes émotions. Mais pas cette fois…
En janvier 2025, j’ai accepté l’invitation d’une amie d’aller à une retraite de 3 nuits chez elle avec des femmes que je ne connaissais pas. Pour la première fois, j’ai retiré de l’équation mon titre de maman et de conjointe, pour venir à la découverte de moi. Un baptême qui influencera plus que je ne pourrais l'imaginer mon année à venir, mais aussi ma famille.
J’ai senti un mélange de fébrilité et d'excitation !
Ce n’est pas facile de passer par-dessus le sentiment de culpabilité de laisser ses enfants à l’autre conjoint, mais c’est nécessaire ! J’ai senti une grande vague intuitive qu’il me fallait prendre ce temps pour moi.
De la route avec Myriam au moment où j'ai mis les pieds dans la maison, je sentais les choses autrement, j'étais tellement présente, en pleine conscience. J'ai vu des femmes se choisir, se parler ouvertement, authentiquement et directement. Pas de non-dits ! Des femmes qui prennent leur place ! Comme voir Claudine dessiner pendant un atelier, et qu’elle me dit “cela m'aide à mieux écouter”. Je l'ai senti comme une permission, moi aussi, je peux faire ça, comme quand j'étais sur les bancs d'écoles !
Depuis, j'utilise le dessin pour m'aider à me concentrer, mais aussi pour extérioriser mes émotions.
Le deuxième matin, je me suis levée avant tout le monde, j’ai vu le lever du soleil. Ce paysage est magique, le présent est magique. Je suis magique. J’ai réalisé que la magie, je la vois à travers les autres. J’ai noté une tonne de synchronicités ce matin-là, dans mon journal, j’avais même écrit la mauvaise date, comme quoi le temps s'était arrêté. Ma tête n’arrivait plus à suivre. J’ai décidé de lâcher prise et juste me laisser bercer par cette énergie puissante. Une permission que je me donne de croire, mais aussi de voir et d’expérimenter le miracle. Anne-Marie revient de sa marche et elle est en bra sport, ‘faisait chaud’ dit-elle. Elle nous raconte avoir jasé avec un Monsieur. Je la questionne sur sa routine du matin, elle m’explique ce qu’elle fait et comment ça lui fait du bien. C’était simple et adapté à elle.
J’ai aimé voir des femmes avoir leurs petits rituels.
Voir des femmes s’écouter et nommer leurs désirs : “Ah là, j’irais prendre une marche, qui vient ?” L'une dit oui, l'autre dit, je vais aller m'allonger. Puisque je ne me fais pas déranger par des enfants qui crient, des plats sur le four à surveiller, me rappeler la brassée de lavage à sortir, une surstimulation presque constante, je remarque et surtout, je ressens toutes ces micro décisions qui s’orchestrent parfaitement sans pression, sans lourde structure.
Chaque personne devait faire un atelier, j’étais inquiète, je ne savais pas comment faire ? J’étais habituée aux fichiers Excel, Word, aux powerpoints, au plan, aux structures. Mon background de comptable agréé vient souvent brouiller mes nouvelles cartes ! J’ai compris que je ne devais pas faire, je devais expérimenter de juste être et laisser couler les mots en moi, sentir l’énergie des personnes autour de moi et juste laisser place à la Source. Ceci était un challenge pour moi de lâcher prise.
Je me suis sentie pour la première fois à ma place, à la bonne place, un ancrage indescriptible.
À la fin de mon atelier, j’ai réalisé que j’avais été un pont entre le non-vue et la réalité des participantes. Je les ai aidés à toucher à l'énergie de l’abondance d’une nouvelle façon, aussi, à la gratitude, la foi et l’espoir. N’est-ce pas là justement ce que l’on cherche, contribuer à notre façon. Contribuer dans le non-vue, c’est quelque chose qui demande du courage.
Marcher un nouveau chemin pour amener une parcelle d’énergie et la faire vivre pour la première fois à quelqu’un, c’est magique ça !
À partir de là, je ne pouvais plus revenir en arrière. Au moment où j’écris ceci, presque un an plus tard, je réalise le privilège de pouvoir être ce pont. C’est sacré, je le sentais, mais sans être capable de l’exprimer à ce moment. Je ne faisais que pleurer beaucoup de joie et d’émerveillement. Aujourd’hui, je suis dans la gratitude de ce cadeau, de ce don et je le traite avec grande révérence.
Après ma présentation, nous allons prendre une marche, je discute avec Mylène, elle était venue que pour cette journée et nous échangeons sur nos papas qui sont décédés. Elle m'explique que l’atelier lui a fait réaliser la richesse qu'elle ressent par rapport à sa connexion avec son père. Pleins de fois où son père l’a guidé, par des logos, de la musique dans l'auto…. Seigneur, moi aussi, je sens que mon père m'envoie des chansons dans l'auto. C'est quoi la chance!?!?! Mais ce n'est pas une chance, ce sont pleins de clins d'œil de l'univers ! On peut dire, oh la coïncidence ! Ou on peut dire que c'est mon père qui me parle à travers ceci.
Ce que l'on croit, Dieu nous l'enverra !
Je recevais des photos des enfants, ma fille m'envoyait ses dessins, ça me permettait de remettre les pieds sur terre, car je me sentais continuellement sur un nuage. Faire confiance que l'univers va nous envoyer ce qu'il faut pour nous ramener sur terre. J'ai longtemps eu peur de me perdre dans mes pensées, dans le néant de mon esprit, de “devenir folle”. Encore une belle leçon ! Car au moment opportun, je recevais une dose d'amour qui me reconnectait à mes racines profondes.
J'étais supposée me faire tatouer pour la première fois avant la retraite, finalement la tatoueuse a repoussé et je me suis fait tatouer après la retraite. Le tattoo aurait été complètement différent s'il avait été fait avant. Je n’aurais pas osé autant, je me suis permise un tatou à la hauteur de ma puissance et à la profondeur de mon âme !
Des clins d'œils de l'univers, des synchronicités qui me font rire, des prises de conscience magiques. À la fin de ces trois nuits, avec tout ce qui s'est passé en moi, je ne peux qu'être rempli de gratitude d'avoir suivi mon instinct. Un appel à continuer de suivre mon intuition, d’écouter les murmures de mon âme, à continuer de me choisir.
Je donne la permission à la magie de vivre en moi par le fait même, je l'amène dans ma maison et la partage à mes enfants.
La culpabilité, elle vient de la peur de se connaître plus, de s'aimer plus et surtout de la magie que notre cerveau ne peut pas rationaliser. La vie est là pour être expérimentée donc dit oui malgré la culpabilité, car tu ne sais jamais quelle surprise l'univers te réserve !