Décembre 2020, conséquence de la pandémie, on m’annonce que dans 5 mois, je perds l’emploi que j’occupe depuis 6 ans et qui avait été créé “sur mesure” pour moi.

Ça me laisse le temps de penser à ce que je vais faire après…

Oups, il reste un peu plus d’un mois avant la fin de mon emploi et je n'ai toujours pas trouvé comment je vais payer ma part du budget familial... Comment vais-je “gagner ma vie”? Terme que j'haïs… Je l’ai déjà gagné ma vie, en étant le premier spermatozoïde à finir la course, je peux-tu la vivre maintenant!? En espérant être épanoui… Eh ben, c’est la première fois que j’y réfléchis comme ça.

Avant, comme bien des gens, je filais sur les chemins classiques, prédéfinis, sans savoir quel était mon rôle, mon “pourquoi” je fais partie de ce chapitre dans la grande histoire de l’humanité. Ayant néanmoins toujours eu le feeling que c’était sûrement pas juste pour payer des factures et accumuler des REER, pour “un jour”, peut-être, en profiter un peu et partir sans laisser de traces… Bref.

Qu’est-ce que je ferais de mes journées si J’ÉTAIS millionnaire ?

Qu’est-ce que je ferais de mes journées si J’ÉTAIS millionnaire ?

(Pas pour le devenir, grosse nuance…)  À ce moment-là, c’est la question que je me suis alors posée. Parce qu’on va se le dire, nos responsabilités financières sont l’une des seules barrières entre notre potentiel puis notre contribution à l’humanité. Pour ma part, en m’imaginant que ma famille était logée, nourrie et en sécurité, la réponse a été que je consacrerais mon temps à aider des gens.

Donc, égoïstement, plutôt que de penser à quel emploi j’allais occuper pour survivre et payer de l’impôt, j’ai décidé de me faire plaisir et d’offrir mon temps, mon aide, mes talents, gratuitement, pour tout un mois, en remplacement du métro-boulot-dodo… 

5 mai 2021, je fais une publication sur mon profil Facebook personnel, d’environ 1 500 “amis”, comme quoi mon mois de juin 2021 sera entièrement dédié à du bénévolat… Elle dit : Demandez-moi ce que vous voulez et, si j’en suis capable, je vous dis oui d’emblée, puis je vous offre une journée complète de coup de main gratuit.

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La publication est partagée 110 fois. Je me dis “Ouf, demain, je vais commencer la lecture, le tri et la gestion de toutes les demandes d’aide gratuite… Juste ça, ça risque de me prendre le mois de mai à temps plein !”

24 heures s’écoulent… Son de criquets… 110 partages, 135 réactions, une vingtaine de commentaires positifs et de félicitations. ZÉRO demande d’aide. Hummm… Quelle sorte d’erreur ai-je fait dans mon texte ou de confusion y-a-t-il au sujet de ma publication ?

13 jours passent… Je relance…

Entretemps, j’ai reçu quelques messages timides, des messages remplis de méfiance. “C’est quoi la pogne ?” “C’est trop beau pour être vrai.” “Ma sœur m’a dit de faire attention, il y a anguille sous roche.” “Y’a rien de gratuit dans la vie.” “C’est probablement une forme de repérage qui mènera plus tard à un vol…”

Ouch! Mon cœur saigne… Je sais que je me suis toujours senti “différent”, idéaliste, bienveillant. Et, il y a toujours ben des limites à ma différence… Je dois pas être le seul qui croie encore à la bonté et à l’altruisme ? Ma vie a été parsemée de moments où j’ai eu besoin d’aide et que j’y avais accès, heureusement.

À quel moment, dans la dernière quarantaine d’années, la société est-elle devenue à ce point souffrante, incrédule et méfiante, au point d’arrêter de croire que la bonté pure existe vraiment ?

Qui ou quoi en fait en sorte qu’on en arrive là ? Pas question que mes enfants vivent dans cette société, du moins pas dans cette version. Et, même si j’ai ma petite idée sur les coupables, réussir à les empêcher d’en profiter est peu probable. Mais, rester au neutre, suite à triste constat et ma peur de léguer ce monde-là à mes enfants, n’est pas non plus envisageable. 

Donc, ce mois, dédié à des gestes de bonté et d’actions altruistes, n’est plus seulement égoïste.

Donc, ce mois, dédié à des gestes de bonté et d’actions altruistes, n’est plus seulement égoïste.

Il me permet d’incarner ou, comme le disait Gandhi, d’être le changement que je veux voir. Il va aussi servir de preuve que ça se peut encore. D’ailleurs, c’est ce que confirment plusieurs commentaires de gens qui disent que ça leur donne ou redonne de l’espoir en l’humanité. Ce qui confirme du même coup, malheureusement, que beaucoup l’ont perdu.

Mais, en un mois et sur les épaules d'un seul gars, ça n'aurait pas été suffisant pour inspirer une majorité… Ça aurait eu un impact éphémère… C’est pourquoi j’ai choisi d’offrir un 2e, puis un 3e mois d’aide gratuite et que je n’ai finalement jamais arrêté. Grâce, entre autres, à la création puis le soutien d’une communauté de gens tous aussi altruistes que généreux et bienveillants. Avec comme mission de rendre l’altruisme cool, concret et collectif. Puis, ça fera 5 ans cette année que je m’y consacre à temps plein.

Depuis le tout premier mois, ma communauté et moi, on construit et on allonge notre “belle chaîne de beau” (#bellechainedebeau).

Et, malgré les 23 000 followers qui sont témoins de cette chaîne de bonté, mon cœur est toujours surpris de voir comment la méfiance, le doute et le négatif prennent tristement plus de place dans l'esprit de plusieurs. Ces mêmes plusieurs, qui d’ailleurs, n’hésitent pas à le nommer publiquement, au grand bonheur de ceux à qui ce mode de pensées profite.

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Trop de méfiance a tué la gentillesse.”

Ce sont les mots d’une auditrice a envoyé par texto à une chaîne de radio après un segment de 10 minutes en onde où l’on parlait de la mission “Du Gars Fiable” et de la #bellechaînedebeau. Les animateurs parlaient de la mission avec espoir que ça donne envie aux gens d’eux aussi se mettre en action et donner à leur prochain.

C’est là que la messagerie texte s’est enflammée de “RedFlags”, d’auditeurs qui voulaient “protéger” les autres en leur disant de faire attention… Que je devais être un arnaqueur ou encore pire, un abuseur de personnes vulnérables.

Les animateurs lisaient les textos à heures de grande écoute. Imaginez le découragement que ça sèment chez ceux qui se diraient “Moi aussi je veux aider des gens altruistement.”

La peur d’être jugé injustement, d’être considéré comme possible méchant.

Cette auditrice avait raison : Trop de méfiance, ça tue la gentillesse.

Parce que si ces doutes et cette méfiance persiste, malgré plusieurs années en service de la mission puis de notre #bellechainedebeau, après une foule d’actions et un historique de résultats concrets 100% positifs, sans drame, sans polarisation, puis les nombreux impacts directs et collatéraux, je me dis qu’il reste du chemin à faire.

Quand j’entends la méfiance, je repense à :

Quand j’entends la méfiance, je repense à :

- Cette jeune femme qui souffre d’un syndrome post traumatique et de plusieurs enjeux de santé physique et mentale, qui vit isolée dans un logement pratiquement insalubre, dans la honte et la peur du jugement. Qui, une fois nous ayant découvert, a osé demander de l’aide via notre mission et notre communauté, puis qui a même aidé à son tour par la suite, en donnant au suivant.

- Une dame d’origine asiatique, que j’ai aidé, dont le mari, qui s’occupait de tout dans la maison lui-même, est subitement décédé. La laissant seule et craintive, car jamais aucun étranger n'était entré dans leur maison, sans sa présence, auparavant. Portant la peur de se faire avoir par une personne sans scrupules, avide de profit, également.

- L’expérience de type “me too” vécue par une jeune maman monoparentale, ayant besoin de services pour son chez soi. Qui était tellement reconnaissante d’avoir reçu mon aide en toute confiance.

Sans oublier les impacts qui vont au-delà de ceux créés par mes propres gestes.

- Comme Marianne, qui m’a envoyé le courriel suivant après sa journée d’aide gratuite.

“En passant, inspirée de ton projet, je partage ma voiture avec ma jeune voisine maman monoparentale et j’ai réussi à négocier avec mes assurances pour qu’elle soit couverte s’il arrivait quelque chose.

C’est peu comparativement à ce que tu fais, mais je sais que tu crois qu’on peut agir « à notre mesure ». J’ose signer Avec amitié, Marianne”

- Ou encore Jérôme, un bénévole dans un commerce de vélo, qui a payé de sa poche pour remplacer le pneu endommagé, pour que la réparation du vélo que le commerce m’avait déjà offerte gracieusement et que je facilitais pour une grand-maman, soit complète et sans frais. 

- La trentaine de personnes inscrites pour devenir des Acolytes, qui aideront gratuitement un peu partout en province, une fois cette phase de la mission atteinte. Dont une bonne dizaine qui sont déjà allées concrètement aider des inconnus dans leur région, au cas par cas, via notre groupe Facebook privé ou des demandes reçues, que j’ai coordonnées avec eux.

En j’en passe…

Malgré tout, à ce jour, mon cœur saigne encore de voir que le négatif puis la méfiance ont le dessus dans l’esprit collectif… Sans compter le constat que ça “nourrit” bien le système, puis les gens capitalistes, qui n’hésitent pas à monétiser les souffrances et les dépendances qui en découlent chez les plus vulnérables. Personnes qui sont tristement de plus en plus nombreuses, dans les deux camps. 

Mais, je n’ai toujours pas dit mon dernier mot, ni posé mon dernier geste.

Tant qu’il y aura des humains, il y aura de l’espoir pour de l’humanité.

C’est ainsi, pour, par et grâce à des humains, puis notre #bellechaindebeau, que ma communauté et moi, on entend y contribuer.

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Pietro Mancini pour Vent de Fraîcheur

Depuis juin 2021, Pietro Mancini, alias LE GARS FIABLE, a transformé la perte de son emploi en mission de vie : aider autrui. Depuis près de 5 ans, il se consacre à servir l’humain en offrant gratuitement une aide concrète aux personnes en panne de ressources. Jusqu’ici, via sa mission, plus de 400 personnes ont retrouvé une certaine paix d’esprit. À travers ses actions et ses vidéos, il incarne puis inspire l’altruisme, a créé la #BELLECHAINEDEBEAU et fait rayonner la bonté comme source d’espoir puis de bonheur collectif.

https://legarsfiable.com/
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