La première fois que mon corps m’a lâché. Pour de vrai.
On peut être en santé… mais malade.
Je pensais sincèrement que l’épuisement, c’était un concept un peu exagéré. Jusqu’à ce que l’univers décide de m’envoyer une balle de baseball directe sur le chakra de la conscience
Littéralement. Au sommet de la tête.
Apparemment, je ne comprenais pas assez vite. J'ai eu plusieurs signes que je n'ai pas écoutés. Un voyage en Martinique dans lequel je me suis fait une entorse à la cheville, la veille de grimper un volcan. Une fracture au pied, quelques mois avant un marathon…
Ça, c'était des blessures apparentes. Facile à justifier. Que tout le monde comprend.
Puis il y a eu la balle. C’est fou à quel point certaines douleurs sont invisibles. Et on dirait que ce sont toujours celles-là qui font le plus mal.
Parce que quand ça ne se voit pas, les gens ne comprennent pas. Et parfois, nous non plus.
Avant tout ça, je me voyais comme quelqu’un de forte. Active. Allumée. Le genre de fille qui se lève tôt, qui a mille projets, qui pense que se reposer, c’est juste changer d’activité, comme pour se divertir. L’épuisement?
Je trouvais souvent que c’était un mot un peu exagéré. J’étais capable. Je tenais. Je normalisais.
Cet été, après plusieurs mois à être restée plus seule, suite à mes blessures et à un besoin d'isolement. Je décide de sortir avec mon groupe de réseautage pour aller voir une game de baseball.
Le baseball, pour moi, c’est surtout l’ambiance. Je suis française, je ne comprends jamais vraiment les règles — même quand on me les explique quinze fois. Je fais souvent la blague que j’y vais surtout pour regarder les cuisses et les fesses des joueurs. Avouez que je ne suis pas la seule. Ahaha.
Sauf qu’au baseball, il y a une règle de base : tu regardes la balle.
Moi, je ne l’ai pas regardée.
J’étais pourtant assise derrière le filet, entourée d’une trentaine de personnes. Personne n’a crié mon nom pour me prévenir. La balle est arrivée direct sur le sommet de ma tête. Tout a été vite.
Direct sur Mon chakra coronal. Oui oui, pile là. (Oui, je suis énergéticienne).
Avec le recul, j’ai comme l’impression que mes guides se sont regardés en riant et en disant, voilà un événement qui va enfin l'arrêter.
Un petit tapotement bien placé sur le chakra de la conscience. Parce que rendu là, je n’avais plus vraiment d’excuses pour ne pas écouter. Sur le coup, j’étais sonnée, mais j’ai minimisé. Ça va, c’est correct. Classique.
Finalement, on m’a amenée me faire évaluer.
Une balle de baseball, ça frappe solide. Mes amis m’ont dit plus tard qu’ils avaient entendu le bang sur ma tête. Diagnostic : commotion cérébrale légère. Légère parce qu’il n’y avait pas de fracture. Mais pas légère dans le corps. Pas légère dans la tête.
Très vite, plus rien ne fonctionnait. Je ne pouvais plus conduire. Je perdais le fil de mes phrases. Mon cerveau ne connectait plus. De l’extérieur, j’avais l’air en parfaite santé. À l’intérieur, c’était comme si quelqu’un avait débranché la centrale. Et quand ton identité est basée sur le fait d’être vive, rapide, efficace… c’est déstabilisant. Je ne me reconnaissais plus.
Le plus difficile, c’était l’invisible. Les gens me disaient : Pourtant, t’as l’air correcte. C’est juste une commotion légère.
Comme si je devais justifier ce que je vivais. Comme si le fait que ça ne se voie pas le rendait moins réel. Ça m’a ouvert les yeux sur toutes ces batailles internes que les gens portent en silence, la santé mentale, la fatigue profonde, la surcharge, le burn-out.
Tout ce qu’on ne voit pas, mais qui pèse lourd.
Toute l’année, mon corps m’avait envoyé des signaux : fatigue chronique, blessures à répétition, épuisement que je normalisais. Je n’ai pas écouté. Alors l’univers a monté le volume. Et cette fois, je n’ai pas eu le choix d’arrêter.
Repos total.
Zéro écran.
Zéro bruit.
Zéro stimulation.
Pendant des semaines. Presque 4 mois.
Pour une fille hyperactive, ça a été franchement l’enfer.
Le pire là-dedans? Ça ne paraissait toujours pas. C’est là que j’ai compris quelque chose d’essentiel : on ne sait jamais ce que quelqu’un vit à l’intérieur. Jamais.
Moi-même, avant, je jugeais. Les gens mêlés. Les gens fatigués. Ceux qui disent qu’ils ont mal à la tête tout le temps.
Jusqu’au jour où je me levais à 6 h…
pour aller me recoucher à 6 h 30, incapable de prendre le dessus sur mon corps. Fatiguée de vivre sans aucune raison.
Aujourd’hui, j’écoute autrement. Je n’ignore plus les signaux. Je ralentis sans me justifier. Et surtout, je fais attention. Je juge moins. Je prends soin. De moi, et des autres.
Parce que parfois, les plus grandes batailles sont celles qu’on ne voit pas.
Et parce qu’on peut avoir l’air en santé… et être profondément malade à l’intérieur.
On ne sait jamais ce que l’autre traverse… alors soyez doux.
Avec vous, et avec les autres. Toujours.
Aujourd'hui je vais mieux. Et j'ai appris.
Love G6K